mercredi 19 novembre 2008

Scènes quotidiennes

BBQ sur le toit
Ouf! M-J et la cuisine...
Audrey et Zac à la piscine
Aisha et son fils Sidy
Corde à linge
Belles rencontres de randonnée
Production de Bazin (tissu utilisé pour la confection de vêtements)
Claudia, Élise, Aurèle et Mathieu en musique au CCF
Musique et brin d'herbe
Amitié de zoo de Mama et Audrey
























































L'orangeraie














































Dimanche, nous sommes sortis en famille chez un ami pour passer la journée dans son orageraie en périphérie de Bamako. WOW! Que cela a fait du bien de sortir de la ville, de la pollution, du bruit!
Après un peu d'attente dû aux incontournables pannes et/ou crevaisons qui sont le lot des déplacements ici, nous sommes arrivés dans ce merveilleux endroit de repos.
J'ai enfin eu le plaisir de m'entourer de femmes Maliennes et de cuisiner à la traditionnelle avec elles! Les sourires et les complicités qui transcendent la langue et la culture étaient au rendez-vous et ce fût magique.Puis le partage d'un repas, longuement préparé, sur une natte assis tous ensemble par-terre à déguster de la main droite tout ces bons plats... C'était super!
Les marches à travers l'orangeraie, le thé sous l'arbre, les échanges, les silences. Voila de quoi fût tissé notre dimanche.
Reste gravé en moi, ce moment tout simple et tout doux ou j'ai entendu le murmure du vent dans mes oreilles et le froissement de l'herbe sous mes pieds... choses absentes de la vie citadine.

lundi 10 novembre 2008

LE VOYAGE FORME LA JEUNESSE

C’était il y a 3 semaines. Je tournais les pages de mon roman du moment avec avidité. Mes yeux ont alors trébuché sur un passage qui, pour moi, résonnait fort. L’histoire se déroulerait dans le nord ouest africain, un roman écrit en 1951. L’auteur, à travers un des personnages, exprimait sa vision, ce qui différenciait le voyageur du touriste. Le voyageur, selon l’auteur, remet en cause les valeurs de son pays d’origine, est capable de saisir les différences, les nuances, de comparer ce qu’il voit, ce qu’il vit et ce qu’il sent. Quant au touriste, il jouit tout simplement de la différence sans pour autant remettre en question ses propres valeurs ou celles de son lieu d’origine. En ce qui me concerne, deux mois à Bamako, dans ce pays du Sahel, auront été suffisant pour provoquer le réflexe du voyageur.

Le premier élan, j’imagine tout naturel, bien que teinté d’incompréhension, m’a fait toucher à une certaine idéalisation. Idéalisation du rythme, du lien des relations, des mœurs et des coutumes, du coup, tout devient plus. Puis, lentement, sont arrivées les premières vagues de nostalgie et de manque. À mon insu, se sont préparées les premières secousses, la source de ce qu’on appelle le choc je présume. J’exprimais à un ami récemment que moins j’idéalisais l’Afrique et plus je l’aimais. Semblable à la relation amoureuse, lorsque l’autre devant nous s’humanise, abandonne son statut de perfection après quelques mois ou quelques années, je ressens à présent un lien d’authenticité et véritable avec ce peuple et ce pays.

J’ai dû me faire petit par contre, me faire plus souple et abandonner l’espoir de réponses intelligibles. Le self made man que je suis ou que je pensais que j’étais s’est alors incliné. À voir tous ces gens se tourner vers l’est, cinq fois pas jour, déposer les genoux sur le sol, les mains vers le ciel et faire silence, je me suis laissé guider. Ce peuple est bel et bien en équilibre entre combler le grand vide et le contempler. J’imagine qu’à trop vouloir donner un sens voire une direction à notre vie, on oublie l’autre signification du mot sens. Et si le mot sens, comme Christiane Singer le disait, voulait dire également la raison de notre incarnation, de notre mission? Peut-être cesserions-nous de chercher les panneaux d’indication, la direction vers laquelle il faut aller? Peut-être serions-nous à même d’accepter le grand espace, l’opposé du palpable et du concret. Je vous laisse sur ces 3 citations;

Nous sommes quelques fois aussi différents de nous-mêmes que des autres.

-La Rochefoucauld

Les gens qui vont prier pour voir la pluie apparaitre se munissent rarement de parapluie.

-Auteur inconnu

Je cessai d’aspirer à un monde meilleur, car je contemplais enfin la création dans sa totalité, et à la lumière de cette intelligence plus claire, j’en vins à comprendre que, bien que les choses supérieures fussent meilleures que les choses inférieures, la somme totale de la création est meilleure que les choses supérieures toutes seules.

-Saint Augustin

samedi 25 octobre 2008

Enfin de retour après tout ce temps.


De retour sur le blog avec des images, toutes sortes d'images, des photos et des mots........bienvenue à Bamako!

Dia-mots-rama de Bamako

Sur les toits de Bamako

C’est la fin de l’après-midi et je suis avec le maître qui m’enseigne à jouer le djembé. Nous sommes sur le toit de la maison et la pierre est encore gorgée de soleil. Tout autour de nous il y a les toits plats des maisons, les vêtements aux couleurs éclatantes qui tanguent à la brise, le cri des gamins qui jouent au foot et Bamako qui se prépare à la grande noirceur. Nos djembés entre les jambes, je m’initie au rythme africain et tous mes sens sont saisis par la fougue de Papus, mon maître. J’apprends à palper, à claquer la peau tendue de mon nouveau djembé avec le bout des doigts, la bonne position des paumes et tout délicatement, je laisse cette sonorité ancestrale me traverser. Le temps s’étire et voilà que le rythme prend place entre nous deux. Sur un toit voisin, on peut voir les silhouettes de 2 femmes. Élancées et gracieuses, elles recueillent les vêtements chauds de soleil et là subitement, la magie des battements opère; elles dansent pour nous là-bas sur le toit. Chacune d’elle avec leur tout petit attaché au dos, elles se déhanchent dans cette fin de journée bamakoise.

La saison des pastèques

On retrouve partout dans Bamako des petites collines de ce géant à la chair vermeil protégé de sa cuirasse d’émeraude. Les marchands, à l’ombre de leur monticule, taillent le fruit habilement avec l’aide de leur machette émoussée. Semblable à l’orfèvre qui astique ses rubis, ils étalent fièrement les fragments de fruit mouillé pour le plaisir des yeux comme ils disent ici. Dans cette poussière rouge et cette lourde chaleur, ces petits oasis promettent la vie, rien de moins. Il fallait voir le sourire de mes jeunes vendeurs de pastèques lorsque je leur ai demandé si le prix qu’ils me faisaient était le prix des toubabous ou le prix malien. Mes deux jeunes vendeurs pliés en deux, riant aux éclats valait amplement le prix toubabous je vous le jure!

Le griot du quartier

Il passe quelques fois par semaine sur le goudron en bas de chez nous. Un boubou, vêtement traditionnel aux couleurs vives, son chapeau peul, son dougou, sorte de petit djembé que l’on frappe avec un bâton, et sa voix, unique et rythmée, voyage jusqu’à mon balcon. Je ne sais pas ce qu’il raconte puisque mon bambara est disons, encore un brin rudimentaire, mais je sais qu’il transmet la mémoire des anciens. Son petit bâton qui frappe sur la peau de chèvre rappelle le battement de cœur, celui de toutes les mères africaines, la toute première musique de chaque homme et chaque femme.

De retour bientôt....

lundi 6 octobre 2008

Audrey et Aisha...


En attendant de vous en dire plus sur cette merveilleuse jeune femme et jeune mère qui travaille avec nous, je vous envois cette photo d'Audrey et Aisha. Elle sont déjà en amour toutes les deux... et nous aussi!

Christine

Vivre...



Ma première chronique du blog depuis notre arrivée, mon retour… J’ai laissé coulé le temps, la chaleur, les paysages, les sons, les odeurs, les rencontres, les retrouvailles sur moi, en moi… Aussi loin j’aille sur cette grande boule bleue, la destination réelle de cette aventure, de cette quête, pointe toujours plus profondément vers l’intérieur, cet endroit vaste, riche et lumineux berceau de toute la plénitude tant recherchée.

Cette aventure, cette expérience fait sens pour moi parce que je l’aborde sous le signe de la rencontre, de la croisée entre l’intérieur et l’extérieur, dans l’émerveillement de cette grande simplicité qui me laisse ébahie, à nue et si près de ce qui est Vrai comme dans ces grands frissons, ces doutes et ces peurs qui me traversent.

Comme aujourd’hui (dimanche 28 septembre) lorsque dans cet orphelinat, pendant des heures, mes yeux bleus, ma peau blanche et mes cheveux blonds se sont mêlés à la peau chocolat, aux cheveux noirs et aux yeux noisettes de Kadijia. À travers la flamme de nos regards, nous avons touché l’essentiel. Elle et moi avons transcendé le temps, l’espace, les paroles et nous sommes baignées ensemble dans cet étang étincelant et lumineux de Vie.

Puis mon regard de se lever et de voir ma fille Audrey perdue dans ces mêmes élans avec Dado, une autre petite fillette, à tisser avec elle une toile de communion et d’amour dont les empreintes sont pour toujours inscrites en elles.

Aujourd’hui, l’intérieur et l’extérieur se sont croisés et ont donné naissance à la Grâce… Elle est en moi et tout autour de moi.

Comme le dit ma grande âme-ie : Oser la Vie, dans toute sa splendeur…

Christine